Des patates, du cœur et des agents
Une centaine d'idées sur le mur, deux façons de les regrouper : à la main, avec l'intuition du groupe, ou en hybride avec des agents IA. Ce que la troisième session du club nous a appris sur la création de pré-concepts à l'heure de l'IA.
Le 24 septembre, nous nous sommes retrouvés autour d'un moment clé du processus d'innovation : la création de pré-concepts. Ce moment qui rappellera des souvenirs à certains, où l'on fait des patates, des regroupements en groupe… L'occasion de repartager ensemble une métaphore du déséquilibre créatif au cœur de l'élaboration collective, de vivre des moments de convivialité en coin de table, et de nous questionner sur nos liens avec l'IA.
- L'expérience
- Une centaine d'idées, deux clusterisations : 100 % humaine et hybridée avec des agents IA.
- Le constat
- L'IA va plus vite, mais range plus qu'elle ne crée.
- La découverte
- La forme d'une patate dépend du chemin pour y arriver.
- La question
- Comment faire sienne une idée qu'on n'a pas construite ?
L'IA, ce très bon élève
Les clusters des agents nous ont semblé plus thématiques que conceptuels. Pas de grain de folie. Or une patate n'est pas une catégorie : c'est un rapprochement inattendu qui fait naître une direction nouvelle. Piste évoquée : rechallenger les clusters IA une seconde fois, les recombiner.
Plus rapide… mais à qui appartient l'idée ?
« L'humain ne sert plus à rien ? »
Le gain de temps est réel, personne ne le conteste. Mais la réponse du groupe a fusé : le bénéfice humain, c'est l'appropriation. Une patate qu'on a construite, on la porte. Une patate IA, on la reçoit, souvent avec un a priori négatif.
Côté humain, ça bat plus fort
« On a mis du cœur. »
La clusterisation humaine a une vraie couleur émotionnelle. On a vu naître un patron de patate, avec les autres à son service. Et la règle des 3 post-its seulement a frustré… preuve que chacun s'était investi.
La forme dépend du chemin
L'ordre d'entrée des idées change la forme du cluster. Clusteriser n'est pas trier objectivement : c'est une construction qui dépend de qui la fait, dans quel ordre, avec quelle émotion. L'IA voit toutes les idées d'un coup. Elle efface le chemin, et avec lui une part du sens.
Laisser mûrir, laisser ressentir
Pour embarquer les gens, il faut du temps, presque comme une grossesse. L'IA court-circuite ce temps. D'où l'importance du sensoriel : récupérer une patate IA, la passer au prisme de ses sens, la connecter à ses émotions.
Six façons d'hybrider humains et agents
- #SensibilitésDes agents aux regards différents (R&D, marketing…) ou façon chapeaux de Bono.
- #NonHumainFaire parler l'IA depuis un point de vue non humain : celui de la librairie, par exemple.
- #FoliePousser explicitement l'IA hors de sa prudence.
- #HumainAuMilieuPlacer un humain au cœur des échanges entre les 4 agents.
- #CréaPuisPartageCréer d'abord seul, puis partager les patates IA.
- #AdoptionReprendre une patate IA et se l'approprier par les sens et les émotions.
Oui, mais leur valeur se déplace. L'IA propose la matière en quelques secondes. L'humain, lui, a besoin de temps pour la faire sienne. Et au cœur de ce temps, il y a l'incubation.
Choisir, c'est trier et renoncer, quitte à être frustré. Incuber, c'est laisser l'idée travailler en nous, loin du mur de post-its : la mûrir, la digérer, la laisser se recombiner avec nos souvenirs et nos intuitions. Ressentir, c'est la reconnecter à nos sens et à nos émotions quand elle revient.
L'IA supprime l'attente. Mais c'est peut-être dans l'attente que naît l'appropriation.
La présentation de la soirée
Le déroulé et les supports projetés lors de la session 3.